Introduction : Toulouse face au défi du logement abordable
Toulouse, capitale de l’Occitanie, connaît depuis une décennie une véritable explosion démographique. Avec plus de 15 000 nouveaux habitants chaque année, la Ville Rose séduit autant les jeunes actifs que les familles en quête d’une meilleure qualité de vie. Mais cette attractivité a un prix : celui d’un marché immobilier devenu quasi inabordable pour une partie croissante de la population.
Alors que le prix moyen au mètre carré dépasse désormais les 4 500 € dans plusieurs quartiers centraux, accéder à la propriété relève du parcours du combattant pour les ménages modestes ou intermédiaires. Face à cette tension, une innovation sociale s’impose peu à peu dans le paysage toulousain : le bail réel solidaire (BRS).
Encore méconnu du grand public, ce dispositif bouleverse les codes de l’accession à la propriété. En dissociant la propriété du terrain et celle du logement, il permet d’acheter son bien 30 à 40 % moins cher que sur le marché classique, sans renoncer à la stabilité et à la sécurité d’un propriétaire. À Toulouse, cette approche s’ancre désormais au cœur des politiques urbaines et redéfinit la manière dont la ville pense son habitat.
Qu’est-ce que le bail réel solidaire ? Une nouvelle forme de propriété partagée
Le principe du BRS repose sur une idée simple mais révolutionnaire : séparer le foncier du bâti. Concrètement, le ménage acquiert son logement mais loue le terrain sur lequel il est construit, à un Organisme de Foncier Solidaire (OFS). Ce bail, d’une durée pouvant aller jusqu’à 99 ans, lui confère tous les droits d’usage et de transmission habituels, à la différence près qu’il ne possède pas le sol.
Cette dissociation permet de réduire considérablement le coût d’acquisition. Dans un marché comme celui de Toulouse, où le foncier représente souvent près de la moitié du prix total, cette économie est loin d’être négligeable. Le BRS repose aussi sur un modèle anti-spéculatif : la revente du logement est strictement encadrée afin de maintenir un prix accessible pour les futurs acquéreurs.
Le bail réel solidaire s’appuie sur des organismes agréés, les OFS, qui veillent au respect du cadre social et éthique du dispositif. À Toulouse, STON OFS joue ce rôle de garant, accompagnant les particuliers et les promoteurs tout au long du processus.
Pourquoi Toulouse devient un laboratoire du BRS

Toulouse est l’un des territoires français les plus propices au développement du bail réel solidaire. Le dynamisme économique de la métropole, combiné à une pression immobilière forte, crée un besoin urgent de logements abordables.
Les quartiers de la Cartoucherie, Borderouge ou Jolimont concentrent déjà plusieurs programmes en BRS, portés par des acteurs publics et privés soucieux de proposer une alternative durable à la spéculation foncière.
La politique municipale joue ici un rôle clé. La mairie a choisi d’intégrer le BRS dans sa stratégie d’aménagement, en réservant une part du foncier public à l’accession solidaire. Cela permet de stabiliser les prix sur le long terme, tout en favorisant la mixité sociale dans les nouveaux quartiers.
Mais le succès du dispositif ne tient pas qu’à la volonté politique. Il répond aussi à un changement profond des mentalités : de plus en plus de ménages toulousains aspirent à devenir propriétaires à Toulouse sans spéculer, dans une logique d’habitat responsable et collectif.
Comment fonctionne le BRS à Toulouse : du rêve à la réalité
Acquérir un logement en BRS n’a rien de complexe, à condition de remplir certains critères. Le dispositif est réservé aux ménages sous plafonds de ressources, similaires à ceux du Prêt Social Location-Accession (PSLA). L’objectif est clair : rendre la propriété accessible à ceux qui, autrement, seraient exclus du marché.
Une fois éligible, l’acheteur signe deux contrats : le bail réel solidaire avec l’OFS, et le contrat de vente pour le logement lui-même. Le bail lui confère la jouissance du terrain et le droit de transmettre le bien à ses héritiers. En cas de revente, le prix est plafonné afin que le logement reste accessible à d’autres familles modestes.
Le BRS se distingue aussi par sa sécurité juridique et financière. Le propriétaire bénéficie d’une TVA réduite à 5,5 %, d’une exonération partielle de taxe foncière et d’un accompagnement complet par l’OFS. Ce dernier contrôle la bonne application du bail et veille à la pérennité du modèle.
À Toulouse, STON OFS s’impose comme l’interlocuteur de référence. En consultant BRS Toulouse, les futurs acquéreurs peuvent accéder à la liste des programmes disponibles, simuler leur éligibilité et obtenir un accompagnement personnalisé. Cette proximité entre organisme et habitants contribue à faire du BRS un outil concret et humain, loin de l’abstraction administrative.
Un outil anti-spéculatif au service du logement durable
L’un des grands mérites du bail réel solidaire est d’avoir su déconnecter la propriété de la spéculation. En limitant la revente à un prix plafonné, il rompt le cycle de la hausse artificielle des valeurs immobilières. Le logement cesse d’être un produit financier pour redevenir un bien d’usage.
Cette logique trouve un écho particulier à Toulouse, où la flambée des prix a contribué à éloigner les classes moyennes du centre-ville. Le BRS permet de réintroduire des ménages actifs, enseignants, infirmiers, techniciens au cœur des quartiers vivants, favorisant ainsi la cohésion urbaine.
Mais le BRS ne se limite pas à un levier social. Il s’inscrit aussi dans une démarche écologique. Les programmes construits sous ce régime respectent souvent des standards environnementaux élevés : bâtiments à énergie positive, matériaux biosourcés, gestion optimisée des eaux de pluie. La réduction du coût foncier permet d’allouer davantage de budget à la qualité constructive et à la performance énergétique, créant ainsi un cercle vertueux entre économie et écologie.
Le visage du BRS à Toulouse : chiffres et témoignages
Depuis 2020, Toulouse a vu émerger plusieurs opérations pilotes en BRS. Dans le quartier de la Cartoucherie, un programme de 80 logements a permis à des familles aux revenus modestes de devenir propriétaires à moins de 2 600 €/m², quand le marché voisin dépasse 4 500 €/m². À Borderouge, une autre résidence affiche déjà complet, preuve de l’intérêt grandissant pour ce modèle.
Les bénéficiaires témoignent souvent d’un sentiment de fierté et de stabilité. Claire et Julien, parents de deux enfants, racontent :
“Sans le BRS, nous n’aurions jamais pu acheter dans Toulouse intra-muros. Aujourd’hui, nous avons un logement moderne, bien isolé, proche de notre travail. Et surtout, nous savons que ce bien restera accessible à d’autres familles après nous.”
Ces retours illustrent l’impact concret du dispositif sur le tissu social local : il redonne une place aux familles dans des zones où elles étaient progressivement exclues.
Comparer pour comprendre : BRS ou accession classique ?
À première vue, le bail réel solidaire peut sembler complexe, mais il représente un véritable changement de paradigme. Dans une accession classique, l’acquéreur paie le terrain, le logement et la fiscalité associée. Dans un BRS, seule la valeur du bâti est acquise, et le terrain reste propriété collective via l’OFS.
Cette distinction se traduit par une différence de prix majeure : un appartement de 70 m² peut coûter près de 100 000 € de moins en BRS qu’en accession libre. La contrepartie ? Une revente encadrée. Mais pour beaucoup de ménages, cette limitation n’a rien de contraignant, car l’objectif premier n’est pas la spéculation mais la stabilité.
Le BRS offre aussi une sécurité à long terme : le bail est renouvelable automatiquement, et la propriété du logement reste transmissible. Contrairement à une location classique, le ménage construit un patrimoine transmissible et sécurisé.
Perspectives d’avenir : Toulouse, pionnière d’un modèle d’habitat équitable
Le développement du bail réel solidaire à Toulouse s’inscrit dans une vision plus large : celle d’une ville inclusive, durable et équilibrée.
Les élus locaux visent la création de 1500 logements BRS d’ici 2030, répartis sur plusieurs secteurs stratégiques. L’objectif est d’en faire un pilier des politiques d’aménagement, à égalité avec le logement social et l’accession libre.
Les promoteurs immobiliers eux-mêmes s’y intéressent de plus en plus, conscients que le modèle répond à une demande croissante d’habitat abordable et éthique. En travaillant main dans la main avec STON OFS et les collectivités, ils contribuent à bâtir un nouveau visage de l’immobilier toulousain, fondé sur la coopération plutôt que sur la spéculation.
L’avenir du BRS Toulouse s’annonce prometteur : à mesure que les citoyens découvrent ses avantages, le dispositif gagne en notoriété et en légitimité. Il n’est plus un outil marginal, mais une véritable clé de voûte du logement de demain.
Conclusion : habiter Toulouse autrement
Le bail réel solidaire à Toulouse n’est pas une utopie urbaine, mais une réalité en pleine expansion. Il offre une réponse concrète à la crise du logement tout en promouvant une vision plus juste, écologique et collective de la propriété.
Loin de fragiliser la notion de patrimoine, il la réinvente : ici, posséder ne signifie plus exclure, mais partager et pérenniser.
À travers des organismes comme STON OFS et des projets labellisés BRS Toulouse, la ville rose démontre qu’il est possible de concilier développement, inclusion et durabilité.
C’est une révolution douce, mais bien réelle — une manière nouvelle d’habiter et de penser la ville.